Description du projet

Hommage à Soisik Labbens

 

 

Soizik Labbens, une grande dame du patchwork français nous a quittés fin mai.

Hommage à Soizik

Elle découvre les quilts américains en 1972 lors de la grande exposition consacrée à cet art textile au musée des Arts décoratifs à Paris.
Enthousiasmée, elle s’inscrit en 1974 au tout premier stage de Sophie Campbell organisé au Rouvray.
Fondée par Diane Armand Delille et située au cœur du 5ème arrondissement à côté de Notre Dame, Le Rouvray, cette ravissante boutique aux poutres apparentes, tommettes anciennes cirées, magnifiques quilts anciens et étagères débordant de tissus fut un endroit mythique. Le premier magasin consacré au patchwork en France, voire en Europe et qui a longtemps rayonné dans le cœur des quilteuses.

Là, Soizik est dans son élément. Très vite elle prend la direction des stages, organise des évènements avec Diane, s’envole chaque automne aux Etats Unis dès 1980 au festival de quilts de Houston dont elle rapportera les dernières tendances, les nouvelles techniques. Elle y rencontrera les grands noms du quilt américain, Michael James, Nancy Crow, Jinny Beyer, Françoise Barnes…

Première prof de patch à la machine, très précise et méticuleuse dans son enseignement, elle formera des générations de patcheuses.

Elle s’affranchira petit à petit des techniques traditionnelles  pour créer des œuvres  contemporaines,  tout comme quelques autres artistes françaises qui se lancent alors dans ce tout nouveau courant qu’est « le quilt contemporain ».
Elles exposeront ensemble en 1987  dans la première manifestation consacrée à cet art textile en France : la Galerie Suisse rue Saint Sulpice  à Paris.

En 1985, Soizik fut la première française a être sélectionnée au « Quilt National », prestigieuse exposition de quilts contemporains à Athens dans l’Ohio.

Grande artiste, ses œuvres sont très bien construites, joyeuses, colorées, vivantes.

En voyage, elle a toujours un appareil photo sous la main pour capturer ce qui la touche : architecture, couleurs, costumes, ambiances : sources d’inspirations pour son travail.
Elle collectionne les tissus du monde entier, utilise avec brio une soie indienne comme un coton américain ou japonais, et associe différentes techniques : piécé, appliqué, broderie, peinture, teinture…

Curieuse de tout, très intéressée par les nouvelles technologies, elle s’achète très tôt un Mac et navigue avec passion sur internet pour glaner les nouvelles tendances et correspondre avec des quilteuses du monde entier.

Je l’ai rencontrée en 1980 lorsque j’ai rejoint l’équipe de Diane de Obaldia. Au Rouvray.
Elle a consolidé la technique que j’avais apprise à San Francisco à la fin des années 1970 où je vivais à l’époque et travaillais dans un magasin de patchwork et, dès 1982, je l’ai secondée dans les stages organisés au Rouvray.
Ce fut le début d’une belle complicité.
Nous avons été de grandes amies, elle avait un grand sens de l’humour et nos fous rires sont mémorables.

Elle va beaucoup me manquer.

                                                                                                                                                                Cosabeth Parriaud  – Juin 2021.